Se soigner par L’eau de mer: Le VRAI protocole de Quinton

Written by Marjo

janvier 7, 2022

René Quinton était un biologiste Français né en 1866 et mort en 1925, principalement connu pour avoir soigné des milliers de patients de graves maladies (choléra, affections intestinales sévères, syphilis, cirrhose, maladies de peau etc) en leur injectant de l’eau de mer. Il écrivit un livre en 1904 qui resta son œuvre principale : «L’eau de mer, Milieu organique, constance du milieu marin originel comme milieu vital des cellules, à travers la série animale ».

Dans ce livre, il démontre pendant plus de 400 pages que la vie animale, en tant que cellule est apparue dans les mers, que l’origine de chaque groupe animal est marine, que tout organisme animal est un véritable aquarium marin, et que le milieu vital ( – les fluides corporels – voir page 90 de son livre) des vertébrés « élevés » comme le chien ou l’homme, a presque exactement la même composition minérale que l’eau de mer.

De cette observation, il déduit que l’on peut substituer le plasma sanguin humain par de l’eau de mer, et ce faisant, remplacer le « bouillon de culture » des cellules, « souillé » chez les malades, par un « bouillon de culture » sain : l’eau de mer.
Il démontre ainsi la pertinence de l’affirmation de Béchamp : « le microbe n’est rien, le terrain est tout », en montrant que changer le terrain, le milieu dans lequel les cellules et les microbes baignent, permet de guérir de nombreuses maladies.

Il partage dans son livre ses expériences sur des chiens à qui il injecte de l’eau de mer par voie intra-veineuse de différentes façons, ainsi que ses premières expériences d’injections sur des humains.
Il écrira par la suite d’ autres livres et comptes rendus sur ce même thème, comme : 

« L’Eau de mer en injections isotoniques sous-cutanées au pavillon des débiles de la maternité »

et : « Le Plasma marin en injections sous-cutanées dans les gastro-entérites infantiles : communication à la Conférence nationale des gouttes de lait, Fécamp, 26-28 mai 1912 » dont je citerai quelques lignes à la fin de cet article.

J’ai écris cet article pour offrir un condensé de l’oeuvre principale de Quinton, son livre « L’eau de mer, milieu organique », pour rendre ses écrits accessible au plus grand nombre. En effet, je crois qu’il est important que les personnes qui s’interessent au plasma de Quinton lisent le livre de Quinton ou au moins les extraits les plus importants, car beaucoup d’affirmations fausses sur le protocole de Quinton circulent sur le net, sur des sites spécialisés, sur des sites « sérieux » se revendiquant de Quinton lui-même, par des distributeurs du plasma de Quinton, par des « experts » et des « spécialistes » du plasma de Quinton formés par le laboratoire Quinton et la fondation Quinton. Ils parlent en son nom, se revendiquent portes-paroles de Quinton, prétendent appuyer leurs affirmations sur l’oeuvre de Quinton, ce qui est pourtant tout à fait faux. Il est très facile d’identifier les mensonges ou affirmations erronées lorsqu’on a lu l’oeuvre de Quinton. Ces affirmations erronées sont tellement grossières, qu’il est même probable que ces personnes n’aient en fait jamais lu le livre.

Voici typiquement les affirmations erronées que l’on retrouve un peu partout : Le protocole de Quinton stipule de capter l’eau de mer à au moins 20 mètres de profondeur (c’est faux), dans un vortex à forte activité planctonique (c’est faux) et de la stériliser avec un fitre à  0,22 microns (c’est partiellement faux).

Or, dans le livre de Quinton on ne trouve pas un mot sur les vortex planctoniques. Souvent, l’argument des vendeurs de plasma de Quinton est que pour récolter une eau de qualité correspondant à ce que faisait Quinton, il faut pouvoir repérer par satellite les vortex planctoniques, ce qui rend le processus de récolte d’eau de mer, dans l’optique de la récolter soi-même, carrément impossible pour le quidam moyen. Je pense que ce n’est qu’un argument marketing complètement faux. Quinton utilisait de l’eau de mer récoltée à 10 mètres de profondeur et il la filtrait avec un filtre à Chamberland (p.5 de « l’eau de mer en injections isotoniques sous-cutanées au pavillon des débiles de la maternité »). De plus, les vendeurs modernes de plasma de Quinton affirment que leur eau peut être conservée pendant plusieurs années sans altérer sa qualité. Pourtant, Quinton écrit que l’eau de mer, même stérilisée, conservée trop longtemps (plus de quelques semaines) perd ses qualités et devient relativement toxique (par injection). D’accord, ces vendeurs ne vendent pas leur plasma pour des injections mais pour une consommation par voie orale. Il n’empêche qu’il est faux, lorsque l’on se réfère à ce que dit Quinton, de dire que l’eau de mer ne perd pas ses propriétés après plusieurs mois ou années de conservation, en tout cas si l’on se réfère aux écrits de Quinton.

Quinton précise aussi qu’une stérilisation à 120 degrés rend l’eau de mer toxique. Pourtant, le processus moderne de fabrication des ampoules d’eau de Quinton implique un chauffage à au moins 1000 degrés celcius, température de la fonte du verre, utilisée pour fermer les ampoules de verre.
Enfin, Quinton ne précise pas la taille des pores de ses filtres. Il utilisait un filtre à Chamberland, dont la taille des pores varie de 0,1 à 1 micron, ce qui filtre les bactéries (mais pas la plupart des virus ni certaines toxines). 

Je vous livre ici un résumé du livre de Quinton qui consiste en de nombreuses citations tirées directement de son livre. Bien sûr, je ne peux que vous recommander de lire son livre en entier, accessible gratuitement en ligne sur le site Gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k746094/f1.item.r=84.zoom). 

Aller à la source est toujours le meilleur moyen de connaître la vérité.

SIMILARITÉS ENTRE LE PLASMA SANGUIN ET L’EAU DE MER

Quinton commence par démontrer dans son livre, sur plusieurs centaines de pages, que le plasma sanguin des animaux est très proche de l’eau de mer.

Il écrit: 

“L’eau de mer dans les océans a une concentration moyenne de 35 grammes de sels pour 1000 d’eau, dont une moyenne de 33g est constituée de chlorures, principalement de chlorure de sodium.

La caractéristique minérale de l’eau de mer est l’énorme prépondérance de ses chlorures (environ 84 % de ses sels, la plupart étant du chlorure de sodium)”


P. VI (2ème page du livre) “Les sels du plasma sanguin sont les sels mêmes de l’eau de mer. Ils vont jusqu’à se sérier entre eux dans les deux cas dans le même ordre d’importance :

1 : Chlore, sodium

2 : Potassium, calcium, magnésium, soufre

3 : Silicium, carbone, phosphore, fluor, fer, azote (ammonium)

4: iode, brome, manganèse, cuivre, plomb, zinc, lithium, argent, arsenic, bore, baryum, aluminium.

P.212 Composition de l’eau de mer :

1 Chlore, sodium = 84 %

2 Soufre, magnésium, potassium, calcium = 14%

3 Brome, carbone, silicium, fer, azote, fluor, phosphore, lithium, iode, bore = 1,9997%

4 Arsenic, cuivre, argent, or, zinc, manganèse, strontium, baryum, césium, rubidium, aluminium, plomb, cobalt = 0,0003 %

P.213 Composition minérale du milieu vital des hauts vertébrés :

1 Chlore, sodium = 90 %

2 Potassium, calcium, magnésium, soufre = 8%

3 Phosphore, carbone, silicium, azote, fer, fluor = 2%

4 Iode, Brome, manganèse, cuivre, plomb, zinc, lithium, argent, arsenic, bore, baryum, aluminium = traces

5 Strontium, Caesium, Rubidium, Or = traces

Concernant le point 5, il précise: “Trois autres corps, non encore reconnus dans l’organisme, peuvent être considérés presque avec certitude comme en faisant partie. Ce sont le Strontium, Caesium, Rubidium. L’or y paraît probable. Sur le Cobalt seul, on est sans renseignement.”

P.157 “La prospérité d’un bacille n’est possible que sous certaines conditions. La condition minérale semble être l’une des plus importantes de ces conditions.
Les bactéries pathogènes de l’homme et des animaux, qui ne peuvent prospérer dans aucun milieu minéral artificiel, placées au contraire dans de l’eau de mer pure ou simplement additionnée de sels azotés et phosphatés, se développent parfaitement dans ce milieu, qui leur offre les conditions minérales de l’organisme ( conditions marines).”

P. VI, P. 160 “Le globule blanc est le témoin par excellence du milieu vital d’un organisme. Sa délicatesse est telle qu’il est réputé ne vivre dans aucun milieu artificiel.

P.161 Le globule blanc de toutes les espèces expérimentées vit dans l’eau de mer, avec tous les signes d’une existence normale.”

LE TAUX DE CHLORURE DE SODIUM DANS LE MILIEU VITAL EST INDÉPENDANT DU TAUX DE CHLORURE DE SODIUM DANS L’ALIMENTATION

Puis Quinton se pose la question: pourquoi une telle concentration en chlorure de sodium dans le sang?
Il suppose que cette composition marine du milieu vital serait le résultat de la composition chimique des aliments:

P.322 “On vient d’établir dans le paragraphe précédent l’analogie étroite de composition minérale entre l’eau de mer et le milieu vital des organismes les plus élevés. Une objection était possible. Cette analogie ne résulterait-elle pas d’une rencontre? Ne serait-elle pas le simple fait de l’alimentation naturelle, imposant par le hasard de sa composition minérale, une composition organique voisine de celle de l’eau de mer? A cette objection, deux réfutations, qui vont établir avec netteté que la composition marine du milieu vital n’est pas explicable par la composition minérale de l’alimentation.”

Le paragraphe suivant n’est plus une citation, mais mon résumé de ce chapitre: 

1. Dans l’organisme, seul le milieu vital (les liquides dans lesquels baignent les cellules) a la composition chimique de l’eau de mer.

La composition minérale de la matière vivante, la matière morte, la matière sécrétée sont très différentes. Par conséquent, nous ne pouvons pas dire que la composition chimique du milieu vital est le résultat de la composition chimique des aliments. La composition du milieu vivant ne dépend pas des aliments ingérés, mais de causes moins simples.

2. La nourriture fondamentale des vertébrés supérieurs est la nourriture végétale. Pourtant, alors que le sel constituant le milieu vital est le chlorure de sodium, les aliments végétaux sont extrêmement pauvres en sodium. Il est impossible pour un animal de constituer son milieu vital avec les taux de sodium corrects en ne mangeant que des aliments végétaux.

Par conséquent, la composition marine du milieu vital n’est pas due aux aliments naturels ingérés, mais elle est constituée malgré le régime alimentaire.

Le sel dominant dans le milieu vital, ainsi que pour l’eau de mer, est le chlorure de sodium (chlorure et sodium, 85 à 90 % des sels totaux), le sel dominant dans la matière vivante est le phosphate de potassium (acide phosphorique et potasse, 64 % du total sels).

P.347 “En résumé, milieu vital, matière vivante, matière morte, matière sécrétée offrent des personnalités minérales parfaitement distinctes, et seule celle du milieu vital est celle même de l’eau de mer. Comme ces personnalités différentes se constituent aux dépens d’une alimentation commune, l’alimentation est donc incapable d’expliquer aucune d’elles dans ses particularités propres. Aucune n’est le résultat passif de l’alimentation. 
Quelle que soit la composition minérale de l’alimentation, on ne peut donc dire que celle du milieu vital en résulte. La composition minérale marine du milieu vital ne dépend pas des seuls aliments ingérés, mais d’autres causes moins simples.“

La suite de ce chapitre est, pour moi, l’une des plus intéressantes parce qu’elle décrit les régimes alimentaires de différentes peuplades à travers le monde, ce qui rejoint en partie le travail que fit Weston A. Price quelques décennies après la publication de ce livre et, comme vous le savez, je suis fan du travail du Dr Price. 
La suite de ce chapitre nous apprend donc que les animaux carnivores ne ressentent pas le besoin de consommer du sel et en sont même dégoûtés, alors que les animaux végétariens sont friands de sels et dépérissent s’ils n’en consomment pas. Cela est vérifié non seulement sur différents animaux mais également sur les humains, peuplades carnivores ou peuplades végétariennes. Je ne citerai pas beaucoup de paragraphes de ce chapitre mais je vous encourage à les lires vous même directement dans le livre de Quinton. 

P. 377 “Arrivons enfin au point capital de la démonstration. Mieux que tout autre, un fait témoigne de l’état morbide latent et de dépérissement des organismes végétariens privés de sel: ils ne résistent pas aux agents extérieurs microbiens; la maladie naît sur eux, les épidémies les emportent, leur terrain organique est donc un terrain déchu, leur état de vie, un état de vie ralentie.” 

P. 382 “L’homme en tant que végétarien, parait supporter moins encore que le bétail la privation de sel. John Marchall publia en 1818 d’importantes observations sur les dangers de la privation de sel. Il rapporte que les pauvres du comté de Cornwall ne pouvant plus se procurer de sel par suite de la surélévation des impots, succombaient après avoir présenté de l’oedème, un affaiblissement général et une anémie spéciale. D’après le même auteur, les anciennes lois de la Hollande ordonnaient de ne nourrir les criminels qu’avec du pain non salé. Ces malheureux étaient dévorés, dit-il, de vers qui s’engendraient dans leur estomac.
Barbier rapporte en 1831 qu’en Russie, des seigneurs ayant voulu faire des économies sur leurs vassaux du sel qu’ils leur distribuaient, un état de dépérissement s’en suivit, sur lequel les détails précis manquent: langueur et faiblesse générales, pâleur morbide, oedème, développement de vers dans les intestins.

A la fin du siècle dernier, une mauvaise récolte, jointe à une crise commerciale, avait réduit à la plus profonde misère toute la population du cercle des mines (Erzgebirg), en Saxe, population de tout temps principalement industrielle. La situation était telle que la majorité des habitants en était réduite à ne manger que des pommes de terre sans huile de lin… et même sans sel, qui, à cette époque, était fort cher, par suite du monopole d’état. Une maladie étrange et terrible, ayant quelque analogie avec le scorbut, ne tarda pas à se manifester, et fit des progrès si rapides dans les classes nécessiteuses, qu’elle attira l’attention du gouvernement et provoqua une enquête faite par des hommes spéciaux. Dès l’abord, on constata un fait singulier: c’est que les mineurs, quoique réduits à la même misère que les autres ouvriers, étaient restés, eux et leurs familles, complètement exempts de la maladie. Or, l’alimentation de ces hommes ne se distinguait qu’en un seul point de celle du reste des travailleurs; appartenant tous à l’état, ils en recevaient gratis, ou à peu près, une certaine quantité de sel très suffisante pour leur entretien. On essaya donc l’emploi du sel et des aliments très salés comme moyen curatif, et ces essais eurent un plein succès. Une ordonnance du gouvernement intervint qui réduisit considérablement le prix du sel et le mit à la portée des plus pauvres: la maladie cessa comme par enchantement et n’a plus reparu depuis.” 

“En résumé, malgré les économies en sodium que l’animal végétarien parvient à réaliser sur ses évacuations, l’alimentation végétale ne lui fournit pas une quantité de soude correspondant à ses besoins: son avidité en témoigne, ainsi que l’état de vie ralentie qui est la suite d’un régime végétal pur, sans addition de sel. Le fait physiologique confirme donc le fait chimique. 

On voit à quel point la composition marine du milieu vital des vertébrés supérieurs est peu le résultat de leur alimentation. L’alimentation tendrait à créer chez eux un milieu exactement opposé au milieu marin. Loin que la composition marine du milieu vital des vertébrés élevés s’explique par la composition minérale de leurs aliments fondamentaux, elle est donc réalisée, au contraire, en dépit de cette alimentation.”

Suite à la lecture de ce chapitre, je me suis demandé dans quelles conditions les humains modernes que nous sommes pourraient se passer complètement de sel. De nos jours, la plupart des personnes qui suivent une alimentation Primal Diet (alimentation principalement carnivore crue) ne consomment aucun sel et, d’après leurs témoignages, ils n’en ressentent pas l’envie ni le besoin et voient une amélioration de leur santé mois après mois, en ne consommant aucun sel.
Quinton explique pourtant que ce qui donne la possibilité aux animaux ou aux peuples carnivores de se passer de sel, c’est leur consommation de sang (riche en sodium) et pas seulement de chair. En effet, il nous dit que dans notre façon moderne de consommer de la viande, nous saignons les animaux et nous consommons donc leur viande vide de sang et donc vide de la source la plus importante de chlorure de sodium dans l’animal. Il explique qu’il y a finalement très peu de sodium dans les muscles ou même dans le foie de l’animal. Les peuples carnivores trempaient toujours leurs morceaux de viande dans le sang frais au moment de les manger. 

Je suppose qu’il y a une différence dans l’apport de sodium entre la consommation de viande crue et de viande cuite. En effets, les personnes suivant un régime “carnivore” cuit consomment du sel et rapportent se sentir mal sans une consommation suffisante de sel.
Il semblerait que la viande crue, même si elle provient d’un animal saigné, contiendrait suffisemment de chlorure de sodium, plus en tout cas que la viande cuite. J’ai trouvé quelques études qui soutiendraient cette hypothèse.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25828160/

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27088876/

SUPÉRIORITÉ DE L’EAU DE MER SUR LES SOLUTIONS SALINES ARTIFICIELLES

Quinton démontre dans ce chapitre la supériorité des injections à l’eau de mer en isotonie sur les injections de solutions de chlorure de sodium articielles telles qu’administrées dans les hôpitaux:

P.161 “Dans un 4ème groupe d’expériences, on établit la supériorité physiologique de l’eau de mer sur la simple solution chlorurée sodique, employée depuis quelques années et qui ne doit les effets déjà remarquables qu’on lui connait qu’à sa composition chimique, voisine du milieu vital ou de l’eau de mer.”

P.176: “Une question se posait alors, uniquement accessoire: l’eau de mer n’offrirait-elle pas une supériorité physiologique sur la solution chlorurée? Il manque à la solution chlorurée, pour représenter réellement le milieu vital, tous les sels secondaires présents dans les plasmas: sulfates, phosphates, carbonates, silicates, chlorures, iodures, bromures, fluorures, etc. De potassium, sodium, magnésium, calcium, fer, etc. Tous ces sels au contraire sont présents dans l’eau de mer; les sels constituant l’eau de mer sont les sels memes que renferme l’organisme; ces sels vont meme jusqu’à présenter entre eux dans les deux cas des rapports quantitatifs remarquablement voisins, sauf quant aux phosphates et aux sels magnésiens. Il était donc probable a priori que l’eau de mer, plus voisine de la composition du milieu vital, offrirait une supériorité physiologique sur la solution chlorurée. On verra par la suite que cette supériorité est un fait.”

Quinton injècte dans le système circulatoire des chiens de l’eau de mer et une solution chlorurée en comparaison.

P.177 Première série d’expériences : injections comparatives d’eau de mer et de solution chlorurée sodique.

Injections en Isotonie. Le chlorure de sodium utilisé était chimiquement pur.

Résultats:

1. injection d’eau de mer : hypothermie. Avec du chlorure de sodium : hyperthermie.

2. élimination rénale abondante, riche sous l’injection marine. Moins abondante, moins riche sous l’injection chlorurée.

P.184-185 La quantité de liquide excrétée par les reins est deux fois supérieure avec l’injection d’eau de mer par rapport à l’injection de chlorure de sodium.

“Le nombre de molécules solides, éliminées par le rein dans le même temps, est du double sous l’injection marine de ce qu’il est sous l’injection chlorurée.

En définitive, les cellules rénales, excrétant sous l’injection chlorurée:
1 molécule liquide,
1 molécule solide,
excrètent sous l’injection marine dans les mêmes conditions:
1,9 molécule liquide,
2,1 molécules solides.
Toute cette série d’expériences peut se résumer brièvement:

1° sous l’injection marine, tendance à l’hypothermie; travail majeur des cellules rénales; 2° sous l’injection chlorurée, tendance à l’hyperthermie; travail rénal inférieur d’environ moitié au précédent, tant comme molécules liquides que comme molécules solides éliminées.

Ces deux résultats, thermique et rénal, accouplés, sont à première vue contradictoires.
L’abaissement thermique, sous l’injection marine, semblerait révéler un ralentissement de la vie cellulaire. Or l’élimination rénale, si abondante et si riche à la fois, fait preuve au contraire d’une activité cellulaire remarquable. L’hyperthermie, sous l’injection chlorurée, semblerait indiquer une suractivité organique (d’autant que l’animal a à élever, outre sa propre température, celle de l’eau qui lui est injectée à un degré très inférieur). Or, son élimination rénale ne fait foi que d’un fonctionnement cellulaire très médiocre. Toute discussion serait, pour le moment, stérile. Une seconde série d’expériences est décidée, dans laquelle des liquides différemment toxiques seront injectés, en vue d’observer comment se comporteront, selon le degré de toxicité: 1° la température, 2° le fonctionnement rénal.

Deuxième série d’expériences : injections intra-veineuses de liquides différemment toxiques.

Vingt injections d’urine normale et pathologique ont été pratiquées, conduites à vitesse lente, d’une dilution ayant pour but de ramener l’urine à un point de concentration moléculaire voisin de celui de l’organisme. 
Avec l’injection d’urine toxique, l’hypothermie se produit à chaque fois.

Plus l’injection est toxique, moins l’élimination rénale est importante.

P.203-204 Plus l’injection est toxique, moins les molécules solides sont éliminées.

Faible toxicité = élimination rénale majeure

Toxicité élevée = élimination rénale mineure.

Hypothermie après injections d’eau de mer, de même qu’après les injections toxiques. Par conséquent, l’hypothermie après injection d’eau de mer devrait être un signe de toxicité de l’eau de mer. Mais ce n’est pas le cas. L’hypothermie après injection marine n’a pas de cause connue.

P.207 “D’autres expériences non rapportées ici font voir en outre que la solution chlorurée, aux hautes doses, a un pouvoir convulsivant très marqué. Il est donc for probable que cette tendance à l’hyperthermie, sous l’injection chlorurée, résulte, non pas d’une activité normale de l’organisme, mais bien au contraire d’une excitation morbide, due à un trouble particulier du milieu.”

[…] Résultats : “La solution marine est environ deux fois moins toxique, au moins chez le chien, que la solution chlorurée.”

P.211 “1° L’eau de mer diluée est mieux supportée que le “sérum artificiel” et j’ajouterai, mieux que l’eau salée à n’importe quel titre, en ce sens qu’on peut l’injecter, sans dommage notable, à des doses plus fortes, ou à une vitesse plus considérable. A part de légers vomissements, les accidents notés consécutivement aux injections salées (sérum artificiel) n’ont pas été observées ici, malgré l’énorme dose injectée.
2° L’eau de mer fait baisser la température; toutefois, on peut limiter beaucoup cet abaissement en enveloppant l’animal et en injectant la solution à une température légèrement supérieure à celle du sang. La solution salée à 7 ou 9 pour 1000 produit, au contraire, une hyperthermie constante.

[…] l’abaissement de la densité fut moindre avec l’injection d’eau de mer qu’avec l’injection d’eau salée; ce qui paraît, autant que d’autres expériences ont paru nous le montrer, impliquer un meilleur fonctionnement du rein.”

Vous pouvez aussi lire une expérience très parlante sur un chien aux pages 208 et 209 de son livre.

EXPERIENCES SUR DES CHIENS

Quinton décrit dans ce chapitre des expériences que j’ai trouvées hallucinantes lorsque je les ai lues pour la première fois.

EAU DE MER UTILISEE PAR QUINTON POUR SES EXPERIENCES SUR LES CHIENS :

P.164 : “L’eau de mer qui va servir à l’expérimentation a été captée à la Station zoologique d’Arcachon. Elle est recueillie à 10 mètres de profondeur, à l’entrée du chenal, à marée montante, deux ou trois heures environ après le début du courant de marée, en sorte que cette eau peut être considérée à peu près comme de l’eau du large. Cette eau, expédiée au collège de France telle quelle, sans stérilisation préalable, montre une grande pureté. Elle est employée dans un délai de 1 jour à 8 jours, pendant les mois d’été, de un jour à trois semaines, pendant les mois d’hiver, et invariablement sans avoir été stérilisée. Ces remarques offrent une importance majeure, car des eaux de mer 1° recueillies sur le littoral, souillées par les déchets de la côte; 2° ou recueillies au large et parfaitement pures, mais employées trop longtemps après leur capture; 3° ou simplement stérilisées à 120 degrés à l’autoclave, dans un ballon de verre, se sont montrées presque toujours toxiques. L’eau à employer pour le laboratoire est donc une eau venant du large, très pure, récente et non stérilisée à l’autoclave, au moins selon les méthodes ordinaires. 
D’autre part, dans toutes les expériences, l’eau de mer a été ramenée, par addition d’eau distillée, à l’isotonie organique, c’est-à-dire à la concentration moléculaire du milieu vital de l’animal expérimenté (pour le chien, eau de mer 83, eau distillée 190).[…] Il est bien compris que cette addition d’eau distillée ne change aucunement la caractère chimique de l’eau de mer, qu’elle n’en modifie qu’une qualité purement physique: la concentration.”

Température d’injection : 28 degrés Celsius.

P.160 Dans toutes les expériences, l’eau de mer est ramenée à l’isotonie organique. Le terme « eau de mer » est utilisé ici pour ce liquide marin ramené en isotonie.

“Premier groupe d’expériences : Trois chiens sont injectés en eau de mer, le premier des 66 centièmes, le second des 81 centièmes, le troisième des 104 centièmes de son poids (en 8 heures 14 minutes, en 8 heures 40 mn, en 11 heures 40 mn). Les reins éliminent à la vitesse de l’injection. Pendant toute l’expérience, les animaux cessent à peine d’être normaux, aucune agitation, pas de troubles digestifs ou négligeables, aucune hématurie, aucune albuminurie, tous les réflexes. Après 24 heures, le rétablissement est complet, les animaux présentent un aspect plus vifs qu’avant l’expérience.

Deuxième groupe : Deux chiens sont saignés à blanc par l’artère fémorale (saignée entraînant la mort de l’animal si celui-ci est abandonné à lui-même), puis aussitôt injectés d’eau de mer, d’une quantité égale à celle du sang perdu. Le lendemain, ils trottent. Ils triomphent de l’infection déterminée par la plaie, reconstituent rapidement l’hémoglobine perdue. Au bout de quelques jours, leur rétablissement est complet, leur aspect plus vif qu’avant l’expérience.

P.161 “En résumé, dans le premier groupe, on a pu injecter un organisme de plus du poids de son corps en eau de mer, c’est à dire 3 fois la masse de son milieu vital, sans que cet organisme subisse aucun dommage. Le rein éliminant à la vitesse de l’injection, et l’élimination ayant dû porter nécessairement sur le milieu vital aussi bien que sur le liquide injecté, on peut considérer ce milieu vital comme ayant dû se trouver à peu près renouvelé à la fin de l’injection. Or, de ce renouvellement, on a vu l’organisme ne témoigner aucun trouble, bien mieux, accuser, semble-t-il, un bénéfice. Le travail rénal permet encore d’apprécier l’intégrité de la vie cellulaire en présence de l’eau de mer injectée. Les cellules rénales du chien, éliminant à l’état normal 150g d’urine en 12 heures, ont pu éliminer dans la même expérience 10 kg dans le même temps, soit un volume 60 fois supérieur, sans que la richesse de cette urine tombât à aucun moment au-dessous de la richesse moléculaire du liquide d’injection, ni sans que le rein témoignât d’une fatigue sensible, auquel cas l’albumine eût passé en abondance. A la fin de l’expérience, l’eau de mer se trouvant substituée en partie au milieu vital primitif, le travail rénal n’accusait aucun affaiblissement. 

Dans le deuxième groupe, l’organisme a été placé, par la saignée à blanc, sur les limites des conditions compatibles à la vie, donc dans les circonstances les plus défavorables pour résister à toute intervention qui aurait un caractère toxique. Or, l’eau de mer injectée a présidé au relèvement organique, à la leucocytose déterminée par l’infection dont elle a triomphé, à la réparation des forces, à la reconstitution rapide du tissu sanguin, plus riche au bout de quelques jours en hémoglobine qu’avant l’expérience.”

P.167 Autre expérience : On injecte énormément d’eau de mer rapidement à un chien, pour que les reins n’aient pas le temps d’éliminer:

P. 168 L’injection est divisée en 3 périodes de vitesse.

Première période : de 0 mn à 30 mn, vitesse d’injection : (illisible) par mn et par 10kg d’animal. Réaction violente, suivie d’un coma. Contractures. Respiration difficile. Yeux exhorbités. Énorme distantion abdominale, à tel point que l’animal est méconnaissable. Rythme cardiaque lent. Pas de réflexe cornéen. Élimination rénale très lente : 3cc par minute et par 10 kg. Chute de la température rectale de 38,2 à 33,6.

Deuxième période : de 30mn à 67 mn. La vitesse d’injection est réglée sur la vitesse d’élimination des reins, c’est-à-dire 5cc,4.

Si la toxicité de l’injection était une toxicité chimique, les insuffisances respiratoires, cardiaques et nerveuses ne feraient que s’aggraver. Mais le rythme cardiaque s’accélère, l’oppression diminue, les frissons commencent, la température remonte, l’élimination rénale s’améliore, le réflexe cornéen revient.

Troisième période : de 67mn à 90 mn : Injection rapide à nouveau : 58cc,2. Tous les symptômes précédents reviennent et s’aggravent. Coma. Chute de la température rectale à 32,5 degrés.

Arrêt de l’injection. À ce stade, elle atteint 3,560 kg. L’élimination rénale n’atteint que 0,464 kg. L’organisme supporte donc dans ses tissus une surcharge en eau de mer d’au moins 3,1 kg, soit 31 % de son poids, soit à peu près la même masse de son milieu vital.

Dès la fin de l’injection, la température remonte, l’élimination rénale s’accélère, au bout de 10 mn le réflexe cornéen revient. Une fois libéré, l’animal titube, il est très ballonné, respiration difficile, diarrhée liquide.

6 jours plus tard, son état s’améliore lentement. 
Au jour 11, “l’animal, entièrement remis, témoigne d’une gaîté et d’une exubérance extrêmes, malgré un séjour de 5 jours dans les caves. Son poids n’a pas varié: 5 kg.”

P.169: “Il faut remarquer que la saignée à blanc soustrait à l’organisme autre chose qu’une partie de son milieu vital; elle lui soustrait en même temps une partie considérable d’un de ses tissus les plus importants, le tissu sanguin, chargé de l’oxygénation de l’organisme: la fonction respiratoire est ainsi touchée dans sa partie vive. Elle lui soustrait en outre tous les globules blancs (phagocytes) venus avec le sang, au moment même où l’organisme, opéré sans précaution d’aseptie, va avoir à lutter contre l’infection déterminée par la plaie. Elle le place enfin sur la limite des conditions compatibles avec la vie. Hayem, dans ses travaux classiques, Faney (1896) ont montré en effet que la saignée à blanc, quand elle atteint 1/19 du poids du corps, détermine invariablement la mort de l’animal, si celui-ci est abandonné à lui-même. La saignée à blanc met donc l’organisme dans les conditions les plus défavorables pour résister à toute intervention qui aurait un caractère toxique, les plus démonstratives par conséquent quand aux qualités vitales de l’eau de mer, si celle-ci possède ces qualités.”

P.175: “De toutes ces expériences, il résulte en résumé que: l’eau de mer, substituée d’une façon ou d’une autre, partiellement ou totalement, au milieu vital d’un vertébré, se comporte auprès de ses cellules (au moins relativement) comme le milieu vital lui-même. Entre l’eau de mer et le milieu vital du vertébré, il y a physiologiquement identité.”

EAU DE MER UTILISÉE POUR SES TRAITEMENTS SUR SES PATIENTS

Après ses essais concluants sur les chiens, il poursuit ses expériences sur ses patients, en prenant tout de même quelques précautions supplémentaires :

P.459 : “On voit le rang que peut prendre en thérapeutique l’eau de mer, dans tous les cas où le liquide de culture des cellules organiques (milieu vital) est vicié pour une cause quelconque: empoisonnement chimique ou microbien, insuffisance des émonctoires, défaut de certains apports alimentaires, etc.

Disons d’ailleurs le rôle considérable joué actuellement en thérapeutique par l’eau de mer à l’insu même des praticiens qui l’emploient.

1° On sait les excellents effets des eaux de Salies-de-Béarn, de Salins-Moutiers, de Balaruc, de Bourbonne, de Bourbon-l’Archambault, de Nauheim, de Soden, de Creuznach, de Niederbronn, de Wiesbaden, etc. sur la tuberculose osseuse et cutanée, sur le rachitisme, sur les paralysies, sur l’arthritisme, etc. Toutes ces eaux, dites chlorurées sodiques, se minéralisent dans les bancs de sel, dont l’origine océanique est certaine.

2° L’importance thérapeutique du chlorure de sodium est connue. Employée déjà avec succès par Amédée Latour dans la tuberculose pulmonaire, par Martin Solon et Bouchardat dans le diabète, par Plouviez dans la scrofule, la chlorose, l’anémie, etc, par Piorry, Gintrac, Brugs, Larivière, Villermin, Huchinson, Moroschkin, Pioch dans les fièvres intermittentes, il vient d’être largement utilisé par toutes l’école moderne en d’injections intraveineuses ou sous-cutanéesdans les affections les plus diverse. Or, le chlorure de sodium est le sel primordial de l’eau de mer. Bien mieux, le sel de cuisine, employé le plus souvent à sa place, est autre chose que du chlorure de sodium; l’analyse y révèle tout un groupe de sels d’origine marine, qui ont résisté à la purification industrielle. Le traitement chloruré sodique, sans être le traitement marin véritable, en approche donc déjà singulièrement (NDLA: Quinton parle ici du sel de table de son époque. De nos jours le sel de table classique n’a rien à voir avec celui de son époque. Notre sel de table moderne est extrêmement raffiné et ne contient que du NaCl, en plus d’additifs tels que des anti-agglomérants, de l’iode ajoutée etc.)

3° Enfin, les résultats obtenus dans diverses affections, principalement dans la tuberculose osseuse et cutanée, par le simple séjour sur le bord de la mer, par les bains, etc, sont si évidents et si spécifiques que depuis quelques années des sanatoriums ont été élevés à grands frais sur de nombreux points des côtes françaises et étrangères. Les cures qui y sont journellement réalisées sont trop classiques pour qu’il soit besoin d’y insister. Or, nous avons affaire ici à un véritable traitement chimique marin: l’air qu’on respire sur le littoral, outre le chlorure de sodium qu’il renferme déjà, tient en suspension des goutelettes arrachées aux vagues par le vent, et dont l’organisme s’imprègne continuellement.”

P.461 “Le traitement marin que nous avons appliqué dans les services hôspitaliers de Paris et à Arcachon a consisté dans l’injection sous-cutanée d’eau de mer ramenée, par addition d’eau distillée, à l’isotonie organique (eau de mer 2, eau distillée 5), à la dose, pour ce mélange, d’un centième à un centième et demi du poids du corps. Je ne donne pas cette formule de traitement comme définitive, ni la meilleure dont on puisse faire usage. J’ai cru devoir injecter à l’isotonie,pour écarter une inconnue et un trouble possible dans les expériences, mais je tiens de médecins de marine que d’excellents effets ont suivi la simple injection d’eau de mer pure: cette pratique aurait l’avantage de réduire des deux tiersle volume à injecter; l’expérience comparative est donc à tenter. J’ai limité à 1% ou 1,5% la dose d’injection parce qu’il m’a semblé que cette dose suffisait à produire les effets immédiats d’une dose double ou triple, mais il n’est aucunement dit qu’une injection plus forte n’ai en soi des avantages que je n’ai pas eu le loisir d’observer.

[Note en bas de page: Les premières injections que j’ai pratiquées (juillet-août 1897) furent des injections intra-veineuses. En mon absence, dans un cas de cirrhose se terminant par erysipèle, cas désespéré, la mort attendue le jour même, M. Stancouléanu, interne provisoire de M. Vaquez, ayant obtenu un plein succès après une injection sous-cutanée d’eau de mer, qu’il pratiqua sans aucun espoir et même sans en référer à son chef – le malade sortait de l’hôpital deux semaines après – j’abandonnai aussitôt la voie intra-veineuse pour la voie hypodermique, plus pratique.]

Où l’observation est plus précise, c’est sur la qualité du liquide à injecter.
1° Il n’y a pas à songer à composer une eau de mer artificielle. 
2° L’eau doit être captée au large, loin de tout courant fluvial, de tout port, et par temps calme, s’il y a des bas fonds.
3° Elle doit être récente.
4° L’eau distillée, dont on la dilue, doit être soigneusement vérifiée.
5° La stérilisation ne doit jamais être effectuée à l’autoclave, au moins suivant les méthodes ordinaires. 
Reprenons brièvement ces 5 points. 

1° Il suffit de se reporter à l’analyse infinitésimale de l’eau de mer que nous avons donnée II, VI, p. 221-235, pour comprendre l’impossibilité où nous sommes de composer au laboratoire une eau réellement voisine de celle de l’océan. Le pût-on, le bénéfice serait minime. Les sels ne s’y présenteraient pas sous l’état où ils se présentent dans l’eau naturelle. On a vu, p. 257, Pouchet et Chabry manquer tous les élevages (oeufs d’oursins) dans une eau constituée artificiellement. Une exéprience est plus typique encore. Ayant évaporé un litre d’eau de mer, j’ai redissous les sels obtenus dans un litre d’eau distillée. Tous les sels marins (résidu insoluble excepté, voir p. 223) étaient donc bien présents dans le nouveau liquide. Injecté au chien, il se montra relativement toxique.
2° D’une façon générale, l’eau du rivage manque de pureté, par tous les déchets littoraux qu’elle brasse incessamment et dont elle se pollue. Le voisinage des ports, des fleuves est surtout à éviter. Certaines baies (celle de Concarneau par exemple) sont complètement souillées. Enfin, même au large, l’eau peut être, dans certaines conditions, inutilisable. Trois jours après de gros temps, une légère houle subsistant seule, j’ai fait quatre heures de mer au large de Dieppe sans pouvoir réussir une capture. L’eau était huileuse d’aspect; une multitude de gouttelettes grasses s’y trouvaient suspendues. Les quatre échantillons rapportés au Collège de France donnaient, le lendemain, simplement débouchés, une odeur nauséabonde. 
3° Après des temps divers (quelques semaines), sur lesquels je suis peu fixé et qui doivent varier d’ailleurs avec les récipients, l’eau perd ses qualités. Elle a attaqué le verre. Des aiguilles, des pellicules transparentes, d’une densité très voisine de celle de l’eau, s’y balancent quand on l’agite. Injectée au chien, elle se montre relativement toxique.
4° Une bonne eau distillée est rare. […]
5° Enfin, la stérilisation est d’une importance capitale. Effectuée à l’autoclave à 120 degrés, pendant une demi heure, dans un ballon en verre ordinaire, elle rend l’eau si toxique qu’il peut suffire d’une injection de 700 gr. sur un chien de 10kg pour déterminer en quelques jours sa mort. L’eau, après la stérilisation, présente à l’oeil un aspect laiteux, blanchâtre. Sa saveur est entièrement modifiée. Au cours des expériences rapportées précédemment, p. 171, je n’ai jamais pu obtenir de mouvements amiboïdes de globules blancs dans un mélange marin stérilisé. Les tubes à essai dans lesquels je stérilisais, sortaient parfois de l’autoclave irisés. A la température de 105°, ces effets s’atténuent fortement; j’ai obtenu d’excellents résultats thérapeutiques avec des eaux portées à cette température pendant 10 minutes seulement. […]
J’ai fini par abandonner complètement la stérilisation à l’autoclave pour ne plus la demander qu’au filtre. Ajoutons toutefois qu’aux doses employées pour l’Homme en thérapeutique, ces différentes toxicités sont sans aucun danger. Elles annulent simplement le bénéfice de l’injection.

En définitive, le liquide à injecter est: une eau de mer très pure, capté au large dans des conditions assurant cette pureté; ramenée par addition d’eau distillée à un point voisin de l’isotonie organique (eau de mer, 2; eau distillée, 5); l’eau distillée employée à cet effet soigneusement vérifiée; le mélange stérilisé enfin au filtre. Dose minima d’injection: 700 grammes, pour un adulte du poids moyen de 65 kg. Voie sous-cutanée. Intermittence des injections, lorsqu’elles doivent être répétées: tous les 5 jours, puis tous les 6, 7, 8, etc, selon leur durée d’action très facilement appréciable (voir plus loin). Lorsque plusieurs injections sont pratiquées sur le même malade, il y a avantage à injecter au même endroit. La douleur locale de la première injection ne se fait plus sentir que très atténuée aux suivantes.

Effets immédiats de l’injection: L’injection est suivie d’une réaction qui dure environ 12h. A un moment variable (1h, 2h, 3h après; quelquefois, pendant l’injection elle-même, si elle est lente), le malade est pris de frissons, souvent très violents, avec claquements de dents et soif plus ou moins vive. La température s’élève sans discontinuer pendant 4 ou 5 heures (d’environ 1,5° à 2°), puis s’abaisse comme elle était montée et revient d’une façon générale au-dessous de la température initiale. Le malade, altéré, boit de 1 à 3 litres d’eau. L’inappétence est absolue; quelques maux de coeur ou de tête légers sont assez fréquents. Plus cette réaction est vive, plus le bénéfice à attendre de l’injection est grand. En aucun cas, elle n’est à redouter, quelle que soit la faiblesse du sujet ou sa température initiale. Dans une affection fébrile, où la témpérature avant l’injection était de 39,5°, elle put monter à 41,5° et se maintenir même pendant 6h consécutives au-dessus de 41°, sans le moindre inconvénient. […]
L’amélioration se distingue cependant à quelques signes, pour s’affirmer nettement dans les cas favorables vers la 36e heure, ou au plus tard le 2e jour. Elle se maintient ainsi et s’accentue les 3e et 4e jours. On assiste dans certains cas à une véritable résurrection du malade […]”

P.465 “Dans trois cas aigus d’une gravité particulière (les seuls traités), gastro-entérite infectieuse de nature indéterminée, – empoisonnement par l’acide oxalique – , cirrhose-érysipèle, le succès a été immédiat et complet. Dans la syphilis, sur une syphilide maligne précose, et une autre invétérée, l’injection a été suivie dès le deuxième jour d’une cicatrisation très nette des ulcères qui couvraient le corps des sujets.”

[…]

P. 466 “L’action thérapeutique de l’eau de mer est donc flagrante. Des expériences ultérieures devront la mesurer et la spécifier. Il est possible que dans certaines affections cette action soit souveraine. Il est possible que dans d’autres, elle soit complètement néfaste. L’eau de mer introduite dans un milieu vital vicié renouvelle le liquide de culture des cellules organiques; elle doit donc accélérer la vitalité de celles-ci. Mais en même temps, elle renouvelle le liquide de culture des cellules bactériennes. Le problème qui se pose est le suivant: qui, de l’élément organique ou de l’élément parasite, tirera le bénéfice majeur de l’intervention? Toutes nos expériences jusqu’ici ont montré l’élément organique favorisé. Mais l’inverse est possible […]”

PRECISIONS DONNÉES PAR QUINTON DANS “L’EAU DE MER EN INJECTIONS ISOTONIQUES SOUS-CUTANEES AU PAVILLON DES DEBILES DE LA MATERNITE” ET “LE PLASMA MARIN EN INJECTIONS SOUS-CUTANEES DANS LES GASTRO-ENTERITES INFANTILES”

Quelques écrits supplémentaires datant de 1905 pour le premier, soit un an après la parution de son livre “L’eau de mer, milieu organique” et 1912 pour le second, nous apportent quelques précisions quand à son protocole: filtre utilisé pour la stérilisation, temps de conservation de l’eau, façon de piquer, etc.

« L’Eau de mer en injections isotoniques sous-cutanées au pavillon des débiles de la maternité » 1905:

« Le sérum artificiel employé est la solution chlorurée sodique ordinaire à 7,50 °/00, stérilisée à l’autoclave. L’eau de mer est captée au large, à 10 mètres de profondeur, par les soins de M. le Professeur Jolyet, directeur de la Station biologique d’Arcachon. Elle est ramenée à l’isotonie par addition d’eau de source, stérilisée à froid au filtre Chamberland, en dehors de tout contact métallique et de caoutchouc, et utilisée dans les quinze jours ou au plus les trois semaines qui suivent sa capture. »

[…]

« Sur les 40 enfants observés, 34 sont sortis vivants etbien portants du service : l’oedème n’est pas intervenu chez ceux-ci. Fût-il intervenu, du fait des injections, par la rétention des chlorures, il eût été probablement moindre sous l’injection marine que sous l’injection chlorurée sodique, le rein étant deux fois plus perméable à l’eau de mer qu’au sérum artificiel; ainsi que Quinton et Julia l’ont établi »


J’ai sélectionné ce dernier passage parce qu’il souligne ici quelque chose qui ressortait déjà clairement de son livre « L’eau de mer, milieu organique » : le rein ne souffre pas de la filtration de l’eau de mer et l’élimine sans problème alors que le sérum artificiel est plus toxique et le rein ne l’élimine pas aussi efficacement. On peut extrapoler sur les effets du véritable sel marin non-raffiné et le sel de table raffiné…

Dans « Le Plasma marin en injections sous-cutanées dans les gastro-entérites infantiles : communication à la Conférence nationale des gouttes de lait, Fécamp, 26-28 mai 1912 », il écrit:

« L’injection marine agit en désintoxiquant l’organisme, en rajeunissant le bouillon de culture vicié des cellules par apport d’un bouillon de culture neuf. Il importe donc de ne pas venir troubler son action par des traitement adjuvants inopportuns.

L’injection de plasma doit être pratiquée dans la région de l’omoplate, à la température de la pièce pendant les mois très chauds de l’année, à une température supérieure (30 à 35°) lorsque le temps devient froid. (Ne jamais chauffer l’ampoule à cet effet, mais plonger une partie du tube injecteur dans un récipient d’eau chaude, à 45° environ). L’injection terminée et l’aiguille retirée, obturer le trou formé dans la peau avec un tampon d’ouate imbibé de collodion. La tension du liquide injecté dans les tissus ferait ressortir partiellement celui-ci, si cette précaution n’était pas prise. 

Le traitement demande toutefois, pour être bien conduit, quelques indications particulières. Il faut bien savoir que si l’amélioration sur l’état gastrique est généralement très rapide (suppression immédiate des vomissements malgré un régime lacté intensif), elle est plus lente à se manifester pour les selles, et plus lente encore pour l’état général. » 

CONCLUSION

Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, l’eau de mer est presque exactement identique au « milieu vital », comme l’appelle Quinton. L’eau de mer peut non seulement remplacer les transfusions sanguines, mais elle « nettoie » aussi le milieu interstitiel, le liquide lymphatique ainsi que les autres liquides du corps dans lesquelles baignent nos cellules. L’eau de mer nettoie le « terrain », cher à Claude Bernard et d’Antoine Béchamp : « le microbe n’est rien, le terrain est tout ».

Il faut cependant préciser que l’eau de Quinton était vendue dans les pharmacies en France pour l’ingestion ET l’injection jusqu’en 1982. Depuis 1982, l’administration de l’eau de mer par injection est interdite. Le plasma de Quinton vendu actuellement est pour ingestion seulement. Les injections d’eau de mer comme les pratiquait Quinton ne se font plus en France. Cependant, certains médecins pratiquent toujours ces injections mais pour contourner l’interdiction, ils ajoutent au liquide injecté des vitamines et autres nutriments.
En tout cas, rien ne vous empêche d’au moins boire l’eau de mer car même en ingestion elle peut rendre de grands services. Par contre, je vous conseille de récolter vous-même votre propre eau de mer plutôt que de dépenser des fortunes dans de l’eau de mer dénaturée par les industriels qui vendent du plasma de Quinton. En effet, on a vu que les méthodes de récolte qu’ils utilisent sont loin de suivre le véritable protocole que suivait Quinton tel qu’il l’a écrit, de plus les étapes ajoutées par les industriels ne sont pas nécessaires et peuvent même être nocives.

Même si l’on me rétorque que ces histoires de vortex planctoniques sont des innovations modernes pour améliorer le protocole de Quinton, ce qui est tout à fait possible et que je ne nie pas, il n’empêche que faire croire aux gens qu’il faut une technologie qui leur est inaccessible pour obtenir de l’eau de mer de qualité est un mensonge: Quinton, avec un protocole simple et accessible à tous a guéri des milliers de personnes de maladies graves. Oui mais voilà, les temps ont changé et l’appât du gain reposant sur l’ignorance des masses a, il faut croire, une bien plus grande valeur que la santé des gens…

Si on veut récolter soi-meme son eau de mer, et que l’on veut suivre les indications de Quinton, il faut la récolter loin des cotes, par temps calme, 10 mètres de profondeur suffisent, puis on peut utiliser un filtre de porcelaine de type chamberland (berkefeld) si on veut suivre la méthode de filtration de Quinton. La filtration de Quinton éliminait les phytoplanctons et les zooplanctons en plus des bactéries, mais je pense que ces éléments font partie de l’équilibre de l’eau de mer qui lui donne ses vertus. La filtration est peut-être mieux si l’on veut l’utiliser en injection plutôt qu’en ingestion, bien que ce soit débatable puisque Quinton injectait avec succès les chiens de ses expériences avec de l’eau de mer non filtrée. 
En espagne et dans les pays d’amérique latine, souvent ils ne prennent pas ou peu de précautions pour récolter l’eau de mer et ils voient pourtant de nombreux bénéfices pour leur santé. L’anglais Russel ne prenait pas de précautions non plus : il récoltait l’eau de mer directement sur la plage, à peu de profondeur et sans filtration.

Qu’en est-il de la pollution des océans ? En effet, nous vivons dans un monde bien plus pollué qu’à l’époque de Quinton. C’est pourquoi je pense qu’il vaut mieux prendre certaines précautions comme récolter l’eau à plusieurs kiomètres de la côte, loin des zones polluées ou trop fréquentées, à une certaine profondeur. La pollution reste surtout en surface, donc si vous plongez de quelques mètres vous vous assurez de récolter une eau assez pure. Si vous n’êtes pas certain de la qualité de votre eau, vous pouvez la filtrer dans un filtre à porcelaine comme le faisait Quinton, ou porcelaine + charbon actif pour enlever un maximum de polluants. Par contre, en faisant cela, vous éliminerez les bactéries ainsi que le plancton, qui sont bénéfiques et font partie de l’équilibre de l’eau de mer.
J’ai lu quelques études sur la pollution des mers et des océans, qui indiquent que la pollution est particulièrement concentrée le long des côtes, bien sûr, car la pollution vient des polluants chimiques aspergés sur les terres qui ruissellent et se déversent dans les mers, mais qu’elle devient imperceptible lorsqu’on s’éloigne suffisamment des côtes. De mes différentes lectures, j’en ai déduit une conclusion très personnelle et donc à prendre en tant que telle : l’océan a de tout temps gardé le même équilibre (comme le dit d’ailleurs Quinton) complexe de minéraux, bactéries etc et semble digérer, assimiler et assainir tout ce qui y entre car on ne retrouve plus du tout les mêmes polluants chimiques lorsqu’on s’éloigne suffisamment des côtes. Il semblerait aussi que contrairement à ce qu’on entend ici et là, même la pollution plastique soit éliminée dans les océans. Des chercheurs ont trouvé des vers marins qui mangent les matières plastiques, et plutôt rapidement qui plus est !
Concernant la pollution aux métaux lourds, la source numéro 1 de l’intoxication aux métaux lourds, loin devant la consommation de produits de la mer, c’est les vaccins. La source numéro 2 c’est les médicament chimiques, qui contiennent presque tous des métaux lourds et en particulier de l’aluminium. Je ne dis pas que les produits de la mer sont exempts de métaux lourds, mais ils ne sont certainement pas la cause principale de l’intoxication aux métaux lourds.

En ce qui concerne le sel de table, il est bien entendu préférable d’utiliser du sel de mer non-raffiné, qui contient en plus du chlorure de sodium, d’autres minéraux. Comme je l’ai dit de nombreuses fois sur ma chaine Youtube ainsi que dans mes articles de blog, les vitamines et minéraux isolés sont toxiques car ils sont séparés de leurs co-facteurs. Quinton le prouve aussi dans son livre, comme nous l’avons vu dans le chapitre sur les solutions salines. 
Par contre, sachez tout de même que même le sel non-raffiné n’est pas entier : en effet, dans les marais salans, les différents sels ne cristallisent ni à la même vitesse, ni au même endroit. Par exemple, la fleur de sel reste en surface alors que le gros sel tombe au fond de la saline. Le magnésium et le calcium ont tendance à remonter avec l’évaporation. Par conséquent, lorsque vous consommez du gros sel, même non-raffiné, vous consommez du sel appauvri en magnésium et en calcium. 
Je vous conseille donc de plutôt faire comme nos ancêtres qui cuisinaient directement à l’eau de mer, comme par exemple pour la fameuse bouillabaisse de Marseille, ou comme les espagnols d’aujourd’hui qui cuisinent très souvent à l’eau de mer. Il suffit de voir le nombre de bouteilles d’eau de mer vendues en Espagne dans tous les supermarchés ! Ils ont eu la sagesse de ne pas abandonner cette tradition. 

SOURCES:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k746094/f1.item.r=84.zoom

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58075670.pdf

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9387380.pdf

https://lasanteparleaudemer.jimdofree.com/ressources-textes-videos-liens/

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